Prospecter les commerces de proximité : des rendez-vous sans leur faire perdre un client

Prospecter les commerces de proximité, c’est trouver les quarante minutes de la journée où le commerçant peut vous écouter. Le reste du temps, le client passe avant vous.

Visio de 30 minutes avec Alexis. Vous choisissez le créneau.

Qui décroche, et qui décide

J’appelle les commerces locaux pour le compte des entreprises qui leur vendent quelque chose. Avant le premier appel, il faut savoir qui filtre et qui signe.

Le commerçant, derrière son comptoir, propriétaire de son fonds. En réseau ou en franchise, l’arbitrage se coupe en deux : le franchisé décide de ce que la tête de réseau ne cadre pas, animation locale, fiche Google, recrutement, services de proximité, et de rien d’autre. Savoir de quel côté tombe votre offre est la toute première question de qualification.

Le client physique, et il passe avant vous, à juste titre. Le filtre est temporel. Un boulanger à 12 h 30 ou un fleuriste un samedi : vous n’existez pas. À l’inverse, l’heure qui précède l’ouverture est presque toujours libre, et presque personne ne l’utilise.

Qui leur vend

  • Agence web locale : site, click and collect, fiche d’établissement Google
  • Éditeur de logiciel de caisse certifié et de gestion de stock
  • Prestataire de monétique, de paiement et de programme de fidélité
  • Régie publicitaire locale : radio, affichage, presse quotidienne régionale
  • Fournisseur d’enseigne, d’agencement et de mobilier de boutique

Le marché en chiffres

Caisse certifiée
obligatoire pour tout commerçant assujetti à la TVA qui enregistre les paiements de clients particuliers dans un logiciel ou un système de caisseSource : Article 286, I-3° bis du code général des impôts

Ce qu’il faut savoir avant d’appeler

Tout ce qui suit sert à écrire le Sales Playbook de la campagne, validé par écrit avant le premier appel.

Le Sales Playbook se remplit avant que le premier numéro soit composé.

Un décompte local plutôt qu’un chiffre national

On trouve partout des volumes sur « le commerce de proximité », et ils ne parlent pas de la même chose : selon la source, le périmètre inclut ou exclut l’artisanat commercial, les débits de boissons, la restauration, les stations-service, les réseaux franchisés. Un chiffre approximatif ne vous aiderait pas à cadrer une campagne : je m’en passe.

Le décompte qui vous sert est de toute façon local : il s’obtient sur la base SIRENE de l’INSEE, filtrée par code d’activité et par commune, avec les établissements fermés écartés.

La fenêtre d’appel, commerce par commerce

Type de commerceFenêtre utileÀ éviter absolument
Boulangerie, boucherie, primeur14 h, 16 h7 h, 9 h et 11 h 30, 13 h 30 : les deux coups de feu de la journée.
Prêt-à-porter, décoration, bijouterie10 h, 11 h 30, du mardi au jeudiLe samedi entier, et les périodes de soldes.
Coiffure, esthétiqueL’heure d’ouverture, avant la première clienteLe vendredi et le samedi, entièrement.
Caviste, épicerie fine10 h, 12 hLe vendredi après 16 h, et tout le mois de décembre.

Les signaux à vérifier avant l’appel

  • Fiche d’établissement Google non revendiquée : le commerçant n’a jamais mis la main dessus, et n’importe qui peut en proposer une modification.
  • Horaires publiés qui contredisent la vitrine, ou absence de fermeture exceptionnelle signalée avant un jour férié.
  • Avis récents sans une seule réponse du commerçant : un sujet sensible, à manier sans jugement.
  • Absence de site, ou site dont le nom de domaine expire dans les mois qui viennent.
  • Changement récent de gérance au registre du commerce : un repreneur remet tout à plat dans ses six premiers mois, c’est la meilleure fenêtre commerciale de toute la verticale.
  • Travaux ou réaménagement annoncés, demande d’autorisation d’enseigne affichée en mairie : le commerce investit, il arbitre donc ses dépenses.

Indépendant, franchisé, succursale : trois décideurs

Statut du point de venteQui décideCe qui se vend au point de vente
IndépendantLe propriétaire du fonds, seul.Tout : caisse, site, fidélité, enseigne, assurance.
FranchiséLe franchisé, dans les limites du contrat de franchise.Ce que la tête de réseau ne cadre pas : animation locale, fiche Google, recrutement, services de proximité.
Succursale d’un réseauLa direction régionale ou le siège.Rien : le responsable du magasin applique. La vente se fait au siège, comme pour un grand compte.
Un commerçant ne vous en veut pas de l’avoir dérangé. Il vous en veut de ne pas avoir compris qu’il était dérangé.
La règle que j’applique sur cette cible

Quand le téléphone ne suffit pas

  • Le petit panier : la décision d’un commerçant indépendant est unique, et les fonds de commerce changent souvent de main. Un abonnement mensuel modeste sans engagement ne couvre le coût de l’appel qu’avec du volume et une rétention réelle ; le terrain ou la prescription par une union commerciale coûtent alors moins cher.
  • Les réseaux franchisés, quand l’offre relève du siège : l’appel au point de vente ne mène nulle part, et le siège se prospecte comme un grand compte.
  • Les périodes de forte affluence : décembre pour presque tous, l’été dans les zones touristiques, les soldes pour l’équipement de la personne. Une liste appelée à ce moment-là est grillée pour des mois.

Ce que je fais à votre place

Je construis le fichier par commune et par activité, je vérifie chaque fiche d’établissement avant l’appel pour avoir une observation vraie à citer, et j’appelle sur les fenêtres qui correspondent au type de commerce. Les rendez-vous se posent sur vos disponibilités, avec la note de ce qui a été dit, y compris les refus, qui valent aussi cher que le reste quand ils sont documentés.

Questions fréquentes

Faut-il appeler ou passer en boutique ?

Les deux fonctionnent, mais pas au même coût. Une visite en boutique convertit mieux et coûte une demi-journée pour une poignée d’adresses ; le téléphone traite une zone entière en une journée avec un taux de transformation plus faible. Le bon usage est séquentiel : le téléphone qualifie et pose les rendez-vous, la visite les honore. Faire l’inverse revient à payer un déplacement pour découvrir que le gérant est en congé.

Comment savoir si un point de vente est franchisé avant d’appeler ?

La base SIRENE donne la forme juridique et la dénomination de l’exploitant, qui diffère presque toujours de l’enseigne dans un réseau franchisé. Les mentions légales du site de l’enseigne listent souvent les sociétés exploitantes. Repérer cela en amont évite de brûler un appel : dans un réseau, l’appel au point de vente ne mène nulle part si votre offre relève du siège.

Le commerce local, ça se prospecte toute l’année ?

Non, et c’est la cible où la saisonnalité coûte le plus cher. Décembre est perdu pour presque tous, l’été pour les zones touristiques, la rentrée pour l’équipement de la personne et la papeterie. Une campagne mal calée ne donne aucun résultat, et elle grille la liste pour six mois.

Est-ce que le commerçant a le droit de me raccrocher au nez ?

Bien sûr, et il faut l’intégrer au cadrage de la campagne plutôt que le combattre. Un refus net enregistré proprement dans le CRM vaut mieux qu’un « rappelez-moi » de politesse qu’on rappellera trois fois pour rien. Sur cette verticale, la qualité d’une journée d’appels se mesure autant au nombre de contacts sortis du fichier qu’au nombre de rendez-vous posés.

Pour aller plus loin

Trente minutes pour savoir si ce marché décroche pour vous.

Vous me dites ce que vous vendez et à qui. Je vous dis si le téléphone tient sur ce marché, et avec quelle formule.

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